Voeux de Daniel Nairaud, Directeur général

FFAS-voeux-2011-150x150Le Fonds français pour l’alimentation et la santé a été constitué le 17 mai 2011 et reconnu officiellement le 18 juin.

En optant pour un fonds de dotation, les initiateurs du projet ont en conscience choisi une forme juridique leur permettant de passer immédiatement à l’action plutôt que de surseoir encore pour des motifs administratifs. L’idée de créer une structure d’intérêt général dédiée aux relations entre alimentation et santé date tout de même de plus de cinq ans !

Le pari de l’action a pu être tenu grâce à la souplesse des statuts du fonds de dotation qui bénéficie de surcroît, comme la fondation reconnue d’utilité publique, du régime fiscal de faveur du mécénat. Les activités de l’IFN, reprises par le Fonds à compter du 1er juillet 2011, ont ainsi été poursuivies sans aucune discontinuité tandis que d’autres missions s’ajoutaient, et en premier lieu le lancement fin juin 2011 d’un premier appel à projets doté à hauteur de 1,8 M€.

Après ce démarrage rapide, et en complément du financement d’appels à projets, d’autres défis sont à relever qui nécessitent que le nombre des donateurs aille croissant et que ces donateurs s’engagent dans la durée.

Le premier défi est celui de l’acquisition, par le plus grand nombre, d’habitudes alimentaires favorables à la santé pour inverser la dynamique de progression de l’obésité, du diabète ou des maladies cardiovasculaires. Cela passe par l’éducation, l’information, la formation, processus nécessairement longs et coûteux que beaucoup suggèrent d’alléger, voire d’abandonner, au profit de mesures portant prioritairement sur la fiscalité des aliments ou l’encadrement de la publicité. Il est cependant indéniable que les connaissances ont une influence sur le discernement et donc sur les comportements alimentaires, et les efforts demandés aux exploitants du secteur alimentaire pour améliorer la composition des aliments n’auront de sens que si les consommateurs sont parallèlement en capacité de faire les meilleures associations d’aliments et de raisonner les quantités consommées. Dans ce contexte, et parce que ses statuts le lui permettent, le Fonds français pour l’alimentation et la santé a vocation à devenir un acteur central de la prévention alimentation-santé.

Le second défi est celui de la diffusion des connaissances notamment sur les déterminants des comportements alimentaires, sur les risques et effets préjudiciables à la santé des consommations alimentaires… Il est de l’intérêt général que la démarche et le discours scientifiques retrouvent toute leur place, que le débat objectif sur les certitudes et incertitudes puisse se tenir sans être systématiquement vampirisé dans l’espace médiatique par une aspiration permanente à la polémique. Sur chaque sujet qu’il traitera, en particulier sur les risques, le Fonds s’efforcera de nourrir le débat en regroupant et en mettant à disposition les éléments les plus factuels.

Le troisième défi est celui de son ancrage institutionnel. Les fonds de dotation, comme les fondations reconnues d’utilité publique, préfigurent de nouveaux rapports entre les sphères publique et privée. Ils constitueront très probablement dans le futur des points d’appui essentiels à la bonne fin des politiques publiques. Le Fonds français pour l’alimentation et la santé pourra certainement faciliter la mise en œuvre des plans gouvernementaux comme le Programme national pour l’alimentation (PNA), le Programme national nutrition santé (PNNS) ou le Plan alimentation insertion (PAI) en pourvoyant au financement de certaines de leurs actions. Il faudra toutefois pour cela que les pouvoirs publics reconnaissent sa « valeur institutionnelle », acceptent de signer des partenariats avec le Fonds, et, sur la base du principe de réciprocité, qu’un représentant du Fonds intègre le comité de pilotage de ces plans.

Toute l’équipe du Fonds français pour l’alimentation et la santé vous souhaite une bonne et heureuse année 2012.

Daniel NAIRAUD
Directeur général

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