Etat des lieux sur l’huile de palme

Christian Babusiaux, Président du Conseil scientifique du Fonds

Le Fonds français pour l’alimentation et la santé a une mission d’animation du débat public et de contribution au dialogue science/société sur les sujets touchant à l’alimentation.

Mettre en œuvre concrètement cette mission ne va pas de soi et les instances du Fonds, qui y ont réfléchi, ont vu dans le traitement des sujets controversés une possibilité de faire œuvre utile.

Dans les sujets controversés, il y a toujours un volet des discussions qui porte sur les risques réels ou supposés pour l’Homme ou le milieu naturel. On pourrait se dire qu’il revient aux pouvoirs publics de faire tout le nécessaire, en mettant en place des dispositifs d’analyse des risques avec les agences sanitaires qui les évaluent scientifiquement et les administrations qui les gèrent. Mais l’alimentation et la santé sont des sujets trop complexes pour être traités par la seule puissance publique. En outre, un dispositif d’analyse des risques est un triptyque qui doit comprendre aussi la communication sur les risques, et celle-ci n’a pas été attribuée à une instance ou à un organisme en particulier.

Il en résulte que très vite, chacun étant fondé à prendre la parole, la cacophonie risque de tenir lieu de communication sur les risques. C’est donc ce rôle de relai indispensable entre les « sachants » et les « profanes », entre les instances de production de connaissances et les consommateurs que le Fonds entend jouer en constituant un centre de ressources documentaires dans lequel les média et relais d’opinion pourront venir puiser. Le Fonds ne réussira toutefois dans cette entreprise que s’il met à disposition du public des informations aussi robustes et incontestables que possible.

C’est ce qu’il a entrepris avec le sujet de l’huile de palme. Il a pour cela dressé un état des lieux des connaissances, examiné les données et niveaux de preuve qui étayaient les hypothèses ou affirmations en présence, répertorié les travaux de recherche en cours dans différents champs disciplinaires.

Concrètement, une contribution initiale a été demandée à trois experts, un comité de lecture de haut niveau a été mis en place et une séance de regards croisés des parties prenantes a été organisée pour veiller à l’exactitude et à l’équilibre du texte avant sa publication, ce qui constitue en outre une innovation importante. L’ensemble du processus a été placé sous la surveillance du Conseil scientifique du Fonds.

Si le Fonds parvient à convaincre les parties prenantes, y compris les organisations et associations militantes, qu’il ne cherche pas à les rendre solidaires de ses productions et s’il ne se présente pas comme un arbitre entre les affirmations, positions ou hypothèses en présence, il y a fort à parier que très vite sa voix portera.

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