Repenser l’action en matière d’alimentation et de nutrition

Les lecteurs de cette newsletter le savent, le FFAS est aujourd’hui fortement engagé pour la réussite de l’expérimentation en conditions réelles d’achat des systèmes d’étiquetage nutritionnel graphique simplifié. Décidé par la ministre de la santé, ce projet avance bien, par exemple le choix des régions, des magasins, des produits. L’expérimentation qui se déroulera dans au moins 50 magasins s’accompagnera d’expérimentations en drive menées dans deux enseignes.

Autre progrès, Leclerc, qui teste, dans ses drive, un autre système que les 4 dont l’évaluation est prévue à ce jour, vient d’accepter que ce système, transposé du système australien dit « 5 étoiles », soit soumis à l’analyse de l’Anses. C’est positif. Un deuxième pas pourrait être que Leclerc accepte de jouer le jeu de la comparaison avec les autres logos, comme ceux-ci ont accepté d’être comparés entre eux. On pourrait très bien concevoir un raccordement de Leclerc sur l’expérimentation en magasin ou sur l’expérimentation en drive. L’intérêt des consommateurs est que la comparaison porte sur tous les systèmes envisagés.

Au delà du sujet de l’étiquetage nutritionnel, une réflexion de fond est nécessaire, tous le ressentent, sur la politique et les actions à mettre en œuvre en matière d’alimentation et de nutrition. La société a profondément changé, les comportements alimentaires aussi. Il faut y adapter les actions et les politiques.

Le FFAS contribue aux réflexions et à l’amélioration de la connaissance. C’est une préoccupation qui sous-tend une partie prioritaire des actions qu’il est en train de mener. C’est dans cette optique qu’il vient de lancer un appel à projets sur l’alimentation des travailleurs à horaires décalés et son impact sur leur santé, et qu’il avait lancé en 2015 un appel à projets « précarité et alimentation », deux problèmes qui concernent chacun plusieurs millions de français. Il consacrera en octobre une conférence aux comportements alimentaires des adolescents.

Le FFAS explore aussi des préoccupations qui prennent de l’ampleur, comme l’insuffisance ou la carence en vitamine D ou encore la sensibilité au gluten. Au plan plus global, il vient de mettre en ligne un ensemble de contributions sur les politiques nutritionnelles.

Par toutes ces initiatives d’intérêt général, le FFAS apporte des éléments de connaissance et de réflexion aux consommateurs, aux acteurs économiques et aux pouvoirs publics.

Quant aux pouvoirs publics eux-mêmes, il est plus qu’urgent que soit engagé un travail de réflexion pour aboutir à un nouveau PNNS puisque le PNNS 3 est terminé depuis décembre 2015. Ce dernier reprenait des repères nutritionnels dont on connaît la fragilité, beaucoup d’indicateurs d’objectifs qu’il contenait n’étaient pas quantifiables, il n’était plus totalement adapté à la réalité de la société et des comportements alimentaires actuels. Et, puisqu’il y a retard, il faut le mettre à profit pour mieux articuler le PNNS et le programme national pour l’alimentation (PNA). Personne ne comprend qu’il y ait deux programmes et qu’ils ne soient pas même reliés entre eux. Cela suppose de rétablir une approche interministérielle et de réarticuler la politique de l’alimentation et de la nutrition aux niveaux national et régional.

Christian Babusiaux

Président du FFAS

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