Le projet Num-Alim pour organiser la transition numérique dans la filière alimentaire

Depuis plus de quatre ans, le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS) met son expertise au service de la transition numérique qui s’opère dans la filière alimentaire comme dans toutes les autres filières.

 Cette transition est inéluctable pour au moins deux raisons : les outils numériques se sont développés sans la participation active des fabricants qui veulent maintenant retrouver la maîtrise des informations qui concernent leurs produits ; les consommateurs souhaitent avoir accès à plus d’informations sur les caractéristiques substantielles des aliments et sur les modes de production, et les outils numériques sont un des moyens les plus efficaces pour répondre à cette attente.

 Après un premier colloque sur la dématérialisation de l’information relative aux produits alimentaires en 2014, le FFAS a organisé, le 29 mai dernier un second colloque sur le thème « le catalogue numérique des aliments : un outil pour assurer la fiabilité et la transparence de l’information ». Ce colloque est venu concrétiser la réflexion initiée en 2014 et confirmer la pertinence d’une base de données de référence sur les aliments.

 Le catalogue numérique s’inscrit dans un projet plus global de plateforme numérique de l’alimentation. Ce projet, appelé « Num-Alim » a plusieurs objectifs : établir la carte d’identité numérique des aliments et les rassembler au sein d’un catalogue numérique unique ; constituer la plateforme numérique de l’alimentation agrégeant les informations du catalogue numérique et une multitudes d’autres jeux de données (notamment des données dynamiques) sur la production alimentaire et sa cartographie, les consommations individuelles, les comportements alimentaires et leurs déterminants, etc. Une fois analysées, les données de cette plateforme seront le « carburant » dont les applications et autres outils ont besoin pour fonctionner.

 Les avantages de Num-Alim seront nombreux pour tous les maillons de la filière alimentaire. Les agriculteurs pourront par exemple mieux faire connaître leurs pratiques culturales, les PME/TPE mieux faire connaître les spécificités de leurs productions et améliorer leur visibilité auprès des enseignes de la grande distribution, qui, quant à elles, verront leur sourcing produit facilité. Les producteurs fourniront directement leurs données permettant aux consommateurs de disposer d’informations fiables et de qualité et d’ainsi contribuer à la restauration de leur confiance. Ils bénéficieront des services de Num-Alim via la création d’une multitude de services et d’outils numériques personnalisés d’aide à la décision : aide aux achats alimentaires, aux associations d’aliments et à la préparation de repas équilibrés, aux pratiques culinaires favorables à la santé, etc.

 Num-Alim a quatre partenaires : l’ANIA, dans le cadre du contrat stratégique de filière, GS1, l’organisme des standards (Codes à barres, QR Code), la Fondation Avril, représentant de l’amont agricole, et le FFAS, qui joue, comme pour l’expérimentation en conditions réelles des logos nutritionnels, le rôle de porteur opérationnel de projet. Les partenaires ont mis en place un consortium de préfiguration et déposé une demande d’aide financière publique dans le cadre des investissements d’avenir, précisément en répondant à l’appel à projets « structuration des filières » opéré par la BPI.

Num-Alim sera mis en place à partir de l’automne. Un soutien financier public aurait pour effet d’accélérer la mise en production de Num-Alim, le gain de temps escompté étant de l’ordre de 1 an et demi à 2 ans.

Daniel Nairaud
Directeur général du Fonds français pour l’alimentation et la santé

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