Lettre scientifiques

Evaluation du risque alimentaire d’origine chimique – 50 ans d’évolution

148 - Avril 2011 - Gérard Pascal (INRA)

8 pages

Résumé :

Au milieu des années 1950, est né au sein de l’OMS un comité scientifique, le JECFA, qui a entrepris un travail d’élaboration d’une méthodologie d’évaluation toxicologique des additifs alimentaires, reprise depuis par de nombreux pays. Devant la multitude de substances à évaluer (matériaux en contact avec les aliments, arômes…), dont les expositions sont particulièrement faibles, de nouvelles approches ont été proposées. Les derniers développements concernent l’établissement d’une « marge d’exposition ». Retour sur un demi siècle de progrès.


La perception des quantités consommées

147 - Janvier 2011 - Pierre Chandon (INSEAD) et Pascale Hébel (CREDOC)

8 pages

Résumé :

Calories perçues, calories réelles : l’impact du marketing
L’estimation des calories est difficile et sujette à trois biais systématiques et inconscients qui ont un fort impact sur les comportements alimentaires. (1) Les calories sont faiblement surestimées pour les petites portions mais fortement sous-estimées pour les grandes portions. (2) Les calories des aliments présentés comme « bons pour la santé » sont fortement sous-estimées. (3) Rajouter un aliment perçu comme « bon pour la santé » fait baisser les calories perçues du repas tout entier. Pour contrer ces biais, il faut mettre l’accent sur les aspects quantitatifs, et pas simplement qualitatifs, de l’alimentation.

Tailles des portions réellement consommées
Les données des enquêtes de consommation permettent de mesurer de façon exacte les portions consommées. Les tailles des portions ainsi déterminées sont très souvent en inadéquation avec ce  qui est conseillé de consommer. Exemples de la consommation de vin et des céréales de petit-déjeuner.


Alimentation et pesticides

146 - Novembre 2010 - Jean-Louis Bernard (Académie d'Agriculture) et Daniel Marzin (Institut Pasteur de Lille)

Résumé :

L’homme et la protection des plantes cultivées – Des « pesticides » ? Quand, pourquoi, comment ?
L’origine de la protection des cultures doit être recherchée au néolithique et l’emploi en agriculture de substances néfastes aux parasites est attesté dès l’Antiquité gréco-romaine. Après de nombreuses tentatives menées dans l’Europe du XVIIIe siècle, l’emploi régulier de substances chimiques prend place en viticulture après 1850 et surtout 1885. Depuis lors, le monde des « pesticides » s’est enrichi et complexifié. Ses évolutions sont clarifiées, en particulier de 1950 à nos jours.

Evaluation du risque des résidus de pesticides pour les consommateurs
Avant toute autorisation d’une nouvelle matière active entrant dans la composition d’une préparation  phytopharmaceutique, des études expérimentales permettent de fixer des valeurs toxicologiques de références et de calculer les doses journalières admissibles pour le consommateur. Parallèlement, des études « aux champs » servent à déterminer des limites maximales de résidus en fonction des pratiques agricoles. Pour toute nouvelle préparation, qu’elle comporte une ou plusieurs substances nouvelles ou anciennes, une évaluation du risque est donc réalisée. Et ce pour toutes les catégories de consommateurs de l’Union Européenne. Ces données permettent ainsi de s’assurer que les résidus de pesticides éventuellement présents dans les aliments ne présentent pas de risque pour les consommateurs.


Evaluation et gestion des risques – Exemple des matériaux d’emballage à contact alimentaire

145 - Juin 2010 - Marie-Christine Chagnon (Université de Bourgogne - DERTTECH "Packtox")

8 pages

Résumé :

Les matériaux d’emballages à contact alimentaire jouent un rôle incontournable en matière de conservation et de protection des denrées. Ils se caractérisent aussi par une innovation constante comme le développement des matériaux actifs et intelligents. Enfin, ils ont une fonction marketing très importante et se doivent d’être valorisables. L’aptitude des matériaux à entrer en contact avec les aliments est menée sur les constituants de départ introduits dans une formulation (Règlement Européen n° 1935/2004). Cet article a pour objectif de mieux appréhender le risque lié aux produits néoformés apparaissant au cours des procédés de fabrication des emballages ou de leur utilisation (cuisson micro-ondes) et aux effets « mélanges ».


Alimentation et rythmes circadiens

144 - Mai 2010 - Bertrand Kaeffer (INRA & Université de Nantes)

8 pages

Résumé :

Cet article présente l’organisation du système des horloges circadiennes chez l’Homme (physiologie, génétique des gènes de l’horloge). Leur principale fonction serait d’adapter l’organisme aux signaux périodiques qui proviennent de l’environnement (alternance du jour et de la nuit, rythmes alimentaires ou encore sociaux) et d’entraîner de nombreux processus parmi lesquels l’alternance veille/sommeil, la régulation de la température corporelle, la régulation des fonctions neuroendocriniennes ou digestives. Les travaux de recherches sur les relations entre obésité, horloges circadiennes et développement d’un syndrome métabolique sont discutés.


Phyto-oestrogènes et santé : bénéfices et inconvénients

143 - Avril 2010 - Catherine Bennetau-Pelissero (ENITA de Bordeaux)

16 pages

Résumé :

Que sont les phyto-oestrogènes ? Quelle est leur biodisponibilité chez l’homme ? Quels sont leurs effets santé avérés ou suspectés ? Ces effets santé portent principalement sur l’exposition prénatale et néonatale, la fonction osseuse, les cancers oestrogéno-dépendants et la fonction mnésique et son déclin normal ou pathologique au cours du vieillissement. Que penser des résultats  des études d’intervention et  des études épidémiologiques réalisées chez l’animal et chez l’homme ? Quels sont  les principaux mécanismes d’action possibles ?

Des réponses sont apportées dans ce document dont la conclusion ouvre sur la notion de SERM alimentaire et sur les développements possibles.


Comment optimiser ses capacités physiques par la nutrition ?

142 - Mars 2010 - Xavier Bigard (Institut de Recherche Biomédicale des Armées, La Tronche - Grenoble)

5 pages

Résumé :

Les besoins nutritionnels du sportif diffèrent de ceux d’une personne sédentaire de même âge. La pratique régulière d’une activité sportive augmente les besoins en macro- et micronutriments dans des proportions que l’on commence à bien déterminer. La question la plus importante est de savoir si ces besoins spécifiques sont couverts par une alimentation variée et équilibrée, ou si sont nécessaires :
- un soutien nutritionnel et diététique adapté
et/ou
- le recours à des compléments alimentaires.
Le but de cet article est d’identifier les grandes spécificités des besoins nutritionnels du sportif et de clarifier le rôle des multiples compléments alimentaires aujourd’hui sur le marché (rôles nutritionnels, ou sur les performances).


Alimentation et vision : entre promotion et protection du vieillissement de la rétine

141 - Février 2010 - Lionel Bretillon (INRA, Dijon)

7 pages

Résumé :

La nutrition trouve un écho important dans la recherche translationnelle en ophtalmologie. Au delà de placer la nutrition au chevet du patient, il s’agit de comprendre en quoi et comment la nutrition participe au fonctionnement de la rétine et à prévenir le développement pathologique. Les nutriments lipophiles occupent une place importance dans cette recherche d’association. Ils peuvent être considérés à la fois comme promoteurs du vieillissement rétinien et comme protecteurs de ses évolutions pathologiques.


Oméga 3 : fonctions cérébrales, comportement et santé mentale

140 - Janvier 2010 - Pierre Astorg et Sylvie Vancassel (INRA, Jouy-en-Josas)

10 pages

Résumé :

Etudes cliniques et épidémiologiques
De nombreuses études cliniques montrent une déficience relative en acides gras en oméga-3 à longue chaîne, comme l’acide eicosapenaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA), chez les patients atteints de pathologies mentales et notamment de dépression. Des études épidémiologiques suggèrent que la consommation de ces acides gras, apportés principalement par les produits de la mer, pourraient contribuer à la prévention de la dépression. Par ailleurs, des essais cliniques ont montré une certaine efficacité de ces acides gras, notamment de l’EPA, en traitement adjuvant, voire en monothérapie chez des patients déprimés ou atteints de maladie bipolaire. Ces acides gras pourraient donc jouer un rôle dans la prévention des maladies neuropsychiatriques.

Etudes expérimentales
Les données épidémiologiques et expérimentales suggèrent que le déséquilibre actuel des apports en AGPI n-3 dans l’alimentation occidentale est un facteur délétère pour les fonctions cérébrales et favorise l’apparition de certaines neuropathologies (dépression, maladie d’Alzheimer…). Pour comprendre le lien entre apports alimentaires en AGPI et neuropathologies, nous nous intéressons aux mécanismes d’action des AGPI n-3 dans les cellules cérébrales. Seront présentées des données expérimentales obtenues chez le rongeur montrant l’influence de l’apport alimentaire en AGPI sur les processus cognitifs et le statut émotionnel, et sur les mécanismes sous-jacents identifiés.


La métabolomique : un nouvel outil en nutrition et toxicologie

139 - Novembre 2009 - Jean-Louis Sébédio (INRA, Clermont-Ferrand) et Alain Paris (INRA, AgroParisTech)

8 pages

Résumé :

Résumé

La métabolomique : une nouvelle approche pour évaluer l’effet santé des aliments.
La métabolomique est un outil visant à identifier les métabolites présents dans un échantillon biologique et à évaluer les réponses d’un système biologique à un stimulus. Cet exposé présentera les atouts et limites de l’utilisation de cet outil dans le domaine de la nutrition.

Utilisation de la métabolomique pour étudier les risques d’origine toxique

La métabolomique combine analyses statistiques et profilages métaboliques pour déceler un ensemble de biomarqueurs impliqués préférentiellement dans la discrimination des différents sous-groupes de populations exposées à des composés chimiques présentant un potentiel toxique variable. Différents exemples illustreront l’approche utilisée et montreront comment une exploration toxicologique renouvelée peut être ainsi proposée.


Y a-t-il un impact de l’alimentation sur la qualité de la peau ?

137 - Septembre 2009 - Christine Lafforgue (Faculté de pharmacie - Université Paris Sud 11, Chatenay-Malabry)

6 pages

Résumé :

L’état général de la peau dépend de plusieurs éléments, et des preuves cliniques montrent que certains nutriments issus de l’alimentation améliorent la qualité de la peau en agissant au niveau cellulaire, par exemple en stimulant la différenciation des kératinocytes. Si les scientifiques s’intéressent à l’utilisation d’ingrédients issus de l’alimentation pour les produits  cosmétiques, le rôle de l’alimentation et des nutriments pour la peau est encore trop peu étudié.
La qualité de la peau dépend entre autres des nutriments apportés par le système vasculaire et cela apparait clairement lorsque des déficiences nutritionnelles surviennent.
En examinant les preuves scientifiques des relations entre l’alimentation et la peau, l’idée d’une alimentation « peau » peut être abordée.


Troubles anxio-dépressifs et état nutritionnel dans l’anorexie mentale

136 - Juin 2009 - Olivier Guilbaud (Institut Mutualiste Montsouris)

7 pages

Résumé :

L’anorexie mentale présente une comorbidité élevée avec les troubles anxio-dépressifs. Néanmoins, il convient de distinguer l’anxiété, la dépressivité fréquemment retrouvées dans l’anorexie mentale des troubles dépressifs caractérisés. Nous passons en revue ces différents éléments et abordons l’impact des troubles dépressifs sur l’état nutritionnel chez les sujets souffrant d’anorexie mentale.


L’alimentation de l’enfance : un déterminant précoce de la santé

138 - Sophie Nicklaus (INRA, Dijon), Marie-Aline Charles (INSERM, Villejuif) et Jean Dallongeville (Institut Pasteur de Lille)

8 pages

L’évaluation risque-bénéfice : du modèle théorique à l’application pratique pour soutenir les politiques nutritionnelles

135 - Mai 2009 - Philippe Verger (INRA, AgroParisTech, Paris)

6 pages

Résumé :

L’évaluation risque-bénéfice consiste à examiner non seulement le risque lié à la consommation de (s) l’aliment(s) vecteur(s) mais aussi la probabilité d’effet indésirable liée à sa non consommation. De nombreux travaux on été réalisés sur des aliments comme le poisson ou les fruits et les légumes mais la véritable problématique de l’évaluation risque-bénéfice va au-delà du questionnement sur les groupes d’aliment. D’abord, pour les aliments transformés, selon quels critères quantitatifs peut-on modifier leur formulation ? Ensuite, d’un point de vue de la santé publique, comment peut-on transformer un régime alimentaire à risque en un régime alimentaire bénéfique ? Pour répondre à la première question, les exemples des édulcorants intenses dans les viennoiseries et celui du ratio calcium/graisses saturées dans les fromages seront développés. Une tentative de réponse à la deuxième question s’appuiera sur des travaux d’analyse des régimes alimentaires à partir de l’étude INCA1.


Lutter contre la sédentarité et prévenir le surpoids chez l’adolescent, c’est possible: résultats à long-terme de l’étude randomisée ICAPS

134 - Avril 2009 - Chantal Simon (Université de Lyon, Université de Strasbourg)

4 pages

Résumé :

L’activité physique est considérée comme un élément-clé de la prévention d’une prise de poids excessive. Jusqu’à présent les études de prévention de longue durée promouvant l’activité physique dans la population générale ont pourtant montré des effets limités sur le poids. Utilisant une intervention multi-niveaux originale, combinant des approches éducationnelles, sociales et environnementales, l’étude ICAPS (Intervention auprès des Collégiens ciblant l’Activité Physique et la Sédentarité) menée de 2002 à 2006 auprès de 954 collégiens du Bas-Rhin a permis d’augmenter l’activité physique habituelle et de réduire la prise de poids chez les adolescents bénéficiant de l’intervention. Plus généralement les résultats d’ICAPS, qui sont le fruit d’un large partenariat et d’une mobilisation collective, démontrent que la prévention de la sédentarité et de l’obésité chez l’adolescent est possible.


Le développement du comportement alimentaire dans les deux premières années de vie: résultats préliminaires de l’étude Opaline

133 - Mars 2009 - Sophie Nicklaus (INRA, Dijon)

4 pages

Résumé :

Les progrès récents de la biologie nous ont éclairés sur la programmation précoce de certaines maladies en lien avec l’alimentation durant la grossesse et les premiers mois de vie. Qu’en est-il de la programmation précoce du comportement alimentaire?
L’étude Opaline (Observatoire des Préférences ALImentaires du Nourrisson et de l’Enfant) vise à comprendre la mise en place des aspects sensoriels et comportementaux de l’alimentation des enfants, en suivant 300 bébés depuis le dernier trimestre de grossesse jusqu’à l’âge de deux ans.
Quelques résultats préliminaires de cette étude actuellement en cours seront présentés.


Coeur, stress et nutrition : régulation par le DHA alimentaire de la perception cardiaque du message adrénergique

132 - Février 2009 - Alain Grynberg (Faculté de pharmacie, Châtenay-Malabry)

4 pages

Résumé :

Comme la plupart des mammifères, l’Homme dispose d’une très faible capacité à produire du DHA (acide docosahéxaénoique) à partir de ses précurseurs (AGPI n-3). Cet acide gras, fonctionnellement important, doit donc de façon spécifique, être apporté par l’alimentation. Dans le myocarde, un apport alimentaire de DHA induit des modifications structurales qui affectent les protéines membranaires avec de nombreuses conséquences fonctionnelles qui commencent à être prises en compte en cardiologie.


Les nanotechnologies dans le domaine alimentaire : (re)découvertes et nouveautés

131 - Janvier 2009 - Paul Colonna (INRA, Nantes)

4 pages

Résumé :

Les nanotechnologies à base de molécules alimentaires suscitent un engouement croissant.  Au delà de la redécouverte de mécanismes anciens qui trouvent là un meilleur cadre explicatif, un nouveau champ de recherche s’est construit avec des formulations apportant des atouts en matière de sécurité, santé, propriétés d’usage, coût et impacts environnementaux. Une approche risques/bénéfices est nécessaire pour prévenir une mauvaise acceptabilité et aussi des usages inutiles. Une difficulté particulière réside dans la détection des ces nano-assemblages, ce qui dépasse la simple analyse compositionnelle.


Le poisson : quels enjeux pour sa consommation?

130 - Novembre 2008 - Françoise Médale (INRA, Saint-Pée-sur-Nivelle), Jean-Charles Leblanc (Afssa), Philippe Gros (Ifremer)

20 pages

Résumé :

Qualités nutritionnelles des poissons
A l’heure où les captures de pêche stagnent, les produits de l’aquaculture permettent de répondre à une demande croissante de consommation. Un point sur les différences de composition entre espèces en fonction de leur provenance.

Analyse risque-bénéfice de la consommation de poissons
Source naturelle d’oméga 3 à longues chaînes réputés « bon pour la santé », le poisson véhicule aussi certains contaminants, comme le méthylmercure ou les PCBs. Le développement d’approches méthodologiques abordant conjointement le bénéfice nutritionnel et le risque sanitaire permet de répondre à la question de la consommation de certaines espèces de poisson par la population générale et par des groupes de population plus sensibles.

Production durable de ressources alimentaires marines : des pêcheries viables dans un monde changeant
L’essor d’après-guerre des pêches maritimes a pris fin au cours des années 80 et l’aquaculture est devenue significative au cours de la décennie 90. Maintenir (ou accroître) la disponibilité des produits bioaquatiques pour l’alimentation humaine requiert à la fois une gestion durable des ressources halieutiques et une croissance durable de la production aquacole.


Que savons-nous de l’alimentation des migrants?

129 - Octobre 2008 - Bernard Maire (IRD, Montpellier)

10 pages

Résumé :

Les migrants représentent une part significative de la population française. Si leur alimentation et leur état nutritionnel ont fait l’objet de relativement peu d’études en France, on note cependant d’importantes disparités selon le genre, le lieu de naissance, la génération d’immigration, la durée de résidence ou encore le degré d’acculturation. La relation entre la situation du pays d’origine et celle du pays de migration s’avère en outre particulièrement complexe.
Une meilleure connaissance des comportements alimentaires des populations migrantes vivant en France constitue un enjeu de connaissance important pour les différents acteurs des secteurs de l’alimentaire, de l’action sociale et de la santé publique.


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