Je ne supporte pas le lait : allergie et ou intolérance ?

Allergie et intolérance sont deux réactions possibles au lait (comme c’est le cas avec beaucoup d’aliments) qu’il ne faut pas confondre. Les mécanismes sont très différents :

L’allergie est due aux protéines du lait et entraîne une réaction immunitaire. Elle touche majoritairement les enfants de moins de 2 ans et peut souvent disparaître ensuite. Chez les moins de 15 ans, l’allergie aux protéines de lait de vache se trouve en 3ème position pour les allergies alimentaires, après l’œuf (34 % des cas) et l’arachide (25 % des cas) et sa fréquence est de 8 %. Elle est plus rare chez l’adulte. Elle touche des sujets qui sont génétiquement prédisposés. Ils se sensibilisent lors d’un premier contact sans présenter de symptômes. Lors d’un contact ultérieur, ils déclenchent, dans les minutes ou heures qui suivent l’ingestion d’une quantité même minime de l’aliment incriminé, des symptômes variés : troubles cutanés, respiratoires, digestifs parfois. Ils peuvent être généralisés et entraîner des troubles graves. Le diagnostic d’une allergie aux protéines du lait est établi à partir d’un interrogatoire, de tests sérologiques spécifiques, voire de tests de provocation sous strict contrôle médical. Lorsqu’il est confirmé, un régime d’éviction est alors prescrit.

L’intolérance au lait n’implique pas le système immunitaire et se traduit essentiellement par des troubles digestifs. C’est le lactose, sucre essentiel du lait, qui est le plus souvent en cause. Le lactose ne peut être absorbé tel quel et doit être décomposé par une enzyme intestinale, la lactase. Le déficit en lactase entraîne une accumulation et une fermentation du lactose qui provoquent ballonnements, flatulences, diarrhées… Ce déficit peut toucher les enfants, c’est alors une pathologie rare. Le plus souvent, il s’agit d’une diminution physiologique de l’activité lactasique qui se produit de l’enfance (à partir de 3 à 5 ans) jusqu’à l’état adulte. Le nombre d’adultes déficients varie en fonction des zones géographiques et des ethnies : les populations ayant une meilleure activité lactasique sont situées en Europe du Nord, chez leurs descendants d’Amérique du Nord et dans les tribus africaines et bédouines. En France, la fréquence de sujets déficients est estimée à 20 % dans le Nord, et 50 % dans le Sud. En général, les manifestations cliniques n’apparaissent chez la plupart des sujets digérant mal le lactose que lorsque des doses importantes de lactose sont ingérées et ces personnes peuvent consommer et tolérer jusqu’à 12 g de lactose (correspondant à environ 250 ml de lait), de préférence en prises fractionnées. L’apport de lactase par les aliments fermentés, comme les yaourts peut favoriser la digestion du lactose. Les fromages affinés peuvent être consommés car une grande partie du lactose est éliminée pendant l’égouttage des fromages et le reste est totalement ou en partie hydrolysé durant l’affinage, par les bactéries.

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