Le jardinage, levier d’un projet territorial pour l’amélioration de l’alimentation des populations vulnérables

Le jardinage urbain commence à prendre son essor sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence et plusieurs associations s’y investissent.
Cependant très rares sont ceux qui axent leurs interventions sur la nutrition/alimentation car la problématique invoquée est souvent celle de l’environnement et du lien social.
Le projet mené par le CPIE du Pays d’Aix et la diététicienne Cécile Bouillot, chercherait à remettre au cœur du processus le thème de l’amélioration de l’alimentation.

L’objectif principal du projet était donc d’initier la mise en place d’une stratégie territoriale locale de création, de valorisation et de développement de l’outil « jardinage » comme support de l’amélioration de l’alimentation des populations vulnérables.

Le projet s’est organisé en trois actions :

  1. Expérimenter l’impact du jardinage en balcon sur les comportements alimentaires. L’expérimentation étant couplée à des ateliers de sensibilisation « alimentation-nutrition » impliquant une animatrice de jardins partagés et une diététicienne.
  2. Organiser une formation-action pour qualifier les acteurs de proximité sur la thématique  « alimentation-jardinage ».
  3. Mobiliser et impliquer les institutions, bailleurs et collectivités sur cette thématique.

Après une saison de jardinage sur balcon et le suivi des 5 familles (jardinage et alimentation), après une formation action de 2 jours pour une dizaine de structures locales et après un temps de mobilisation des institutionnels et bailleur, il ressort du projet :

  1. Que l’action « jardinage » n’a pas la prétention de modifier durablement et profondément les habitudes alimentaires des participants. Toutefois, l’agriculture urbaine couplée avec des ateliers nutrition adaptés permet d’agir sur plusieurs déterminants des comportements alimentaires des participants tout en les impliquant dans le changement.
    La méthode pédagogique utilisée, à savoir lier l’agriculture urbaine, la nutrition et un lieu de rendez-vous adapté, a permis d’engager les familles dans un processus collectif de changements de comportements alimentaires. Cela constitue en soi un résultat très encourageant.
  2. Qu’il confirme le besoin/la demande des habitants, des structures de proximité et des bailleurs sociaux de travailler sur la question du jardinage et de l’alimentation.
  3. Que la formation action des acteurs locaux constitue un axe prioritaire de développement pour permettre la démultiplication.
  4. Que ce type de démarche peut être une réponse :
    • aux problématiques de santé environnementale (cadre de vie, activité, alimentation de qualité, lien social…)
    • aux inégalités sociales de santé (liées à la précarité notamment)
  5. Qu’il reste un frein majeur aujourd’hui : le manque de soutien financier.

 

CPIE_LOGOCécile Bouillot
Diététicienne

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