Voeux de Martine Laville, présidente du FFAS

Le Fonds français pour l’alimentation et la santé vient de terminer sa première année pleine d’activité. Je crois que nous pouvons être satisfaits du travail accompli au service de l’intérêt général, en quantité comme en qualité. Notre travail constitue désormais un utile complément aux politiques publiques comme le Programme national pour l’alimentation (PNA), le Programme national nutrition santé (PNNS) ou le Plan alimentation insertion (PAI).

En 2012, un second appel à projets de recherche doté de 1,2 M€ a été ouvert, des conférences scientifiques mensuelles ont été organisées et une première « Semaine Alimentation et Santé » a été lancée. Un grand colloque consacré aux leviers du changement du comportement alimentaire a ponctué cette année de travail intense.

Le Fonds a par ailleurs une mission d’animation du débat public et de contribution au dialogue science/société sur les sujets touchant à l’alimentation. Dans ce cadre, il se doit d’avoir une procédure extrêmement rigoureuse et transparente pour mettre à la disposition du public des informations aussi robustes et incontestables que possible. Bien que le Fonds n’ait pas pour vocation de traiter des sujets faisant l’objet de polémiques d’actualité, l’expertise qu’il a développée dans le cadre de l’huile de palme et l’état des lieux qu’il a publié ont montré l’utilité et l’opportunité de sa contribution.

Le modèle économique du Fonds français pour l’alimentation et la santé est celui du mécénat scientifique. Il est précieux pour mobiliser les ressources financières nécessaires au développement des connaissances sur les comportements alimentaires, et plus globalement sur les relations entre alimentation et santé, à un moment où les crédits publics se raréfient. Ce modèle économique est par essence exposé à la critique puisque nos ressources proviennent principalement du secteur concurrentiel. Dans ce contexte, seul un mode de fonctionnement extrêmement rigoureux, transparent et validé par le conseil scientifique, permet d’être en mesure de prouver si besoin que nul ne peut influencer les décisions du Fonds à son profit.

Après le travail que nous avons fait sur la gouvernance, deux autres défis sont à relever en ce début d’année 2013 : l’augmentation du nombre des donateurs et leur engagement dans la durée ; la reconnaissance par les pouvoirs publics de la « valeur institutionnelle » du Fonds.

Sur le premier défi, je crois que le Fonds a clairement fait la démonstration de sa capacité à faire la part des évidences comme des incertitudes scientifiques, et à valoriser dans tous les cas la démarche scientifique et ses résultats. Sur le long terme, cela sera profitable aussi bien aux consommateurs qu’aux acteurs économiques. Les entreprises savent très bien qu’elles ne peuvent concevoir un don au Fonds comme un investissement publicitaire. Elles savent tout aussi bien qu’un don au Fonds est à mettre au crédit de leur image d’entreprise socialement responsable.

Sur le second défi, je crois que le Fonds est un des instruments à même de préfigurer de nouveaux rapports entre les sphères publiques et privées. Les fonds de dotation et fondations constitueront très probablement dans le futur des points d’appui essentiels aux politiques publiques, notamment en pourvoyant au financement de certaines de leurs actions. Je forme le vœu que la future loi d’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire et la future loi de santé publique consacrent le rôle du Fonds et ouvrent la voie de nouveaux partenariats.

Je souhaite à tous une bonne et heureuse année 2013.

Martine LAVILLE
Présidente du conseil d’administration

Les commentaires sont fermés.