Hommage à Jacques Lambert, 1925-2020

“Pilier des Cahiers de Nutrition et de Diététique pendant de longues années, notre ami Jacques Lambert s’est éteint sereinement le 3 mai 2020. Il venait d’avoir 95 ans.

Son oeuvre, en apparence modeste, comme il l’était lui-même, de la modestie des sages, jalonne l’histoire du développement de la nutrition et de la diététique dans la France de l’après-guerre et mérite d’être rappelée.

Jeune assistant de médecine interne à l’hôpital Rothschild, il fit partie des rares médecins à rejoindre, en 1958, Jean Trémolières, l’unité U1 de l’Inserm et le service de nutrition et de diététique de l’hôpital Bichat où il deviendra vite, en 1963, assistant jusqu’au décès du fondateur de la nutrition moderne en 1976.

Homme de terrain, Jacques Lambert a fortement contribué au développement de la diététique hospitalière, inexistante alors : on le voit ainsi créer, comme attaché des hôpitaux puis consultant, le département autonome de diététique à Lariboisière en 1964 (une première à Paris), puis à Saint-Lazare (1966), ouvrir des consultations à Bichat, à Lariboisière, à Saint-Martin-du-Tertre ou à la Maison médicale d’Aincourt.

Très logiquement, il sera chargé de l’enseignement de la diététique au CHU Saint-Louis-Lariboisière de 1970 à sa retraite 1988.

Mais Jacques Lambert fut aussi, en 1962, l’un des fondateurs avec Jean Trémolières et Henri Bour de la Société de nutrition et de diététique de langue française, l’ancêtre de la SFN, dont il sera un temps vice-président ou secrétaire général ; également de la Fondation française pour la nutrition, ancêtre de l’Institut français pour la nutrition, puis du Fonds français alimentation et santé où il joua un rôle très actif dans les différents comités, notamment celui de la communication scientifique.

C’est encore logiquement que Jean Trémolières l’appellera au comité de rédaction des Cahiers en 1969, trois ans après sa première édition. Dès lors, il ne quittera plus l’Ours de la revue avant 2017. Nous n’avons pas le souvenir qu’il ait manqué une seule fois les réunions du comité de rédaction qu’il considérait un peu comme une famille. Il accepta dans les années 90, où la revue faillit disparaître, la difficile charge de rédacteur en chef.

Nous lui devons beaucoup, car c’est en partie grâce à lui que les Cahiers existent toujours après 54 ans, au service d’une communication scientifique de qualité.

C’est au sein du comité de rédaction que ses membres successifs, même les plus récents, ont pu apprécier ses grandes qualités humaines : homme de grande culture, que cachait parfois sa modestie naturelle, bienveillant, curieux, il maniait un humour tolérant. Lors des dîners annuels du comité de rédaction, c’était aussi un gourmet, il ravissait les plus jeunes par ses histoires des temps anciens. C’est qu’il était aussi un des derniers grands témoins d’une période, parfois oubliée, du développement de la nutrition en France.

Merci Jacques. Repose en paix. Après un si long et riche parcours, tu l’as bien mérité. Que son épouse et ses enfants acceptent les condoléances émues du comité de rédaction.

Bernard Guy-Grand,
au nom du comité de rédaction des Cahiers

Adresse e-mail : bernard.guygrand@gmail.com”

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